Maman d’un « bébé aux besoins intenses »

Marine, 31 ans, est la maman d’un BABI « Bébé aux besoins intenses », sa fille a aujourd’hui 2 ans et elle nous raconte ce par quoi elle est passée en tant que maman. Voici son témoignage

J’ai toujours eu envie d’être maman et lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, j’étais aux anges et mon conjoint aussi. A ce moment-là, pourtant j’étais loin de m’imaginer ce qui m’attendait. Comme toute maman je rêvais de choyer mon bébé, de le prendre dans mes bras pour qu’il s’endorme, de lui faire des tonnes de câlins et de bisous…. J’avais hâte de l’emmener partout, de le montrer à tout le monde ! Mais j’ai vite déchanté, quand ma petite chérie a pointé le bout de son nez. Dès la première nuit à la maternité, elle m’a mise d’emblée dans le bain : pleurs intenses, hurlements, emmaillotage impossible, tout simplement inconsolable. Et cela n’a plus cessé à partir de ce jour.

Lorsque ma fille a eu 3 mois, j’ai découvert le terme « bébé aux besoins intenses », une « particularité » que j’ai connu en surfant sur les forums de mamans qui vivaient exactement la même chose que moi. Cette particularité a fait d’elle une petite fille hypersensible, impossible à poser que ce soit dans le transat, dans son parc, dans sa poussette, ou en voiture : elle hurlait constamment. On ne pouvait pas non plus la serrer contre nous pour la rassurer, elle n’aimait pas la proximité. Elle criait à la simple vue de personnes « étrangères » même lorsque c’était la famille proche. Elle se laissait porter seulement par maman ou papa. Pour moi, qui étais en congé parental, cela se traduisait par des journées épuisantes.

Nous avons vécu une première année extrêmement difficile, nous ne pouvions plus sortir ou seulement quelques heures. Impossible de partir en week-end ou de dormir à l’extérieur car elle pleurait en permanence. Démunie et désemparée, j’ai consulté des dizaines de médecins : pédiatres, ostéopathes, micro kinésithérapeute, homéopathe, pédopsychiatre. Mais la seule réponse qui revenait en boucle était « votre fille va bien ». Alors oui, cela m’a beaucoup énervée d’entendre que ma fille allait « bien ». J’aurais pourtant dû m’estimer heureuse elle était en bonne santé. Oui, elle était en bonne santé, mais elle allait mal, et je ne savais pas pourquoi.

Les mois ont passé et j’ai appris à « accepter » ma fille telle qu’elle était, à faire le « deuil » d’un bébé « facile » qu’on pouponne à longueur de journée, qu’on promène dans sa poussette pour prendre l’air ou que l’on serre contre nous pour le sentir encore plus proche … Non, elle n’était pas comme ça et je devais faire avec. J’ai mis de côté les critiques, les jugements et les conseils malveillants et je me suis écoutée. J’ai répondu à ses besoins « intenses » sans être dans la sur-protection, j’ai eu un maternage très fusionnel et j’ai simplement été bienveillante envers elle.

C’est à ce moment-là aussi que les jugements et les critiques sont devenus de plus en plus pesants car certaines personnes de l’entourage n’ont jamais compris ma fille et ainsi, mon choix de ne pas la laisser pleurer et de répondre à ses besoins (qu’ils interprétaient certainement comme des caprices).

Aujourd’hui ma fille va beaucoup mieux, mon « travail » et ma patience ont porté leurs fruits. Elle va à la crèche (malgré une adaptation quasiment vouée à l’échec qui a duré plus de 3 mois), elle est pleine de vie, rigole toujours, s’intéresse à tout, parle et échange avec moi, saute partout, ne tient pas en place ! Elle est très intelligente et me surprend chaque jour…

Alors même si les deux années qui sont derrière nous ont été extrêmement difficiles, que j’y ai laissé des plumes en tant que « femme » mais aussi dans ma vie de couple (maman solo), je ne regrette rien de ce que j’ai fait avec elle et j’en suis même fière.

Ma victoire aujourd’hui c’est ma fille.

Alors pour toutes les mamans qui ont des bébés « difficiles », « hypersensibles » ou « intenses », dites-vous bien que cela va passer… Vos bébés vont grandir et devenir plus autonomes ! Nos enfants sont « différents » de par leur particularité, mais ils sont si merveilleux, épatants et attachants.  Acceptez-les comme ils sont, ne comparez plus et écoutez votre instinct de maman. Ne vous laissez pas atteindre par les critiques et les jugements.

Faites confiance à votre enfant et faites-vous confiance.

Vous souhaitez partager une de vos expériences, contactez-moi pour déposer votre témoignage sur le blog !  JustineTime 

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