Les malheurs de la grossesse…

Comment aborder ce sujet, qui est si douloureux, et en même temps un peu tabou. La perte d’un bébé, l’arrêt de la grossesse, la fausse couche, nous avons plein de mots pour décrire cela, mais aucun qui ne soit à la hauteur de nos émotions et de notre tristesse. Aucun qui ne décrive la réalité telle que nous la voyons et vivons, nous parents. Le plus simple est peut-être de décrire ce qui nous arrive en tant que femme lorsque nous avons le malheur de vivre une fausse couche !

J’ai su qu’à nouveau je portais la vie, qu’un petit bébé se développait dans mon ventre, et déjà mon ventre s’arrondissait. Alors bien sûr, il est normal de faire des projets de vie et d’inclure ce futur bébé dedans, de compter l’écart d’âge qu’il aura avec son grand frère, de commencer à l’annoncer à nos proches. Bien sûr, je sais qu’il y a les risques de fausses couches avant les trois mois de grossesses, mais il ne reste seulement que quelques semaines avant d’atteindre les 3 mois. Et puis le bébé est bien accroché, son petit coeur bat…que pourrait-il lui arriver ? On se dit toujours que les malheurs n’arrivent qu’aux autres jusqu’à ce que cela nous arrive.

Lors de l’échographie du troisième mois, le gynécologue est bien silencieux, il a une mine trop sérieuse et m’annonce que ce petit être a arrêté de se développer. Je ne comprends pas, trop d’émotions se bousculent, il me parle d’intervention médicalisée, d’un curetage, d’une aspiration, de l’arrêt de grossesse, je ne comprends pas, plus. Je ne dis rien, je ne sais pas ce qu’il faudrait dire dans ce genre de situation, et puis l’envie de pleurer est tellement forte que je préfère ne rien dire pour ne pas craquer. J’essaie de faire bonne figure tant bien que mal malgré les larmes qui ne s’arrêtent de couler. Après cela vient le moment de l’annoncer à nos proches, chose encore plus difficile à faire. Ils sont démunis et essaient de nous consoler avec des « c’est peut-être mieux comme cela, il était peut-être handicapé », ce qui ne nous console pas du tout, mais passons…

Après cet épisode, les jours semblent passer mais plus rien ne semble avoir de sens, j’ai du mal à accepter l’arrêt de cette grossesse, tout semble se remettre en question et je ne suis plus sûre de rien. J’attends que les jours passent en me disant que le temps effacera la douleur, que nous pourront essayer de nouveau d’avoir un enfant et que ce n’est pas si grave. Mais tout de même j’ai du mal à l’accepter, à ne pas montrer que la perte d’un si petit être m’a bouleversée.

La perte d’un bébé, même dans les premiers mois de grossesse, est douloureuse. Les médecins auront beau dire que ce n’était pas un bébé mais un foetus, et donc seulement des cellules, pour moi c’est tout autre chose:  J’ai entendu son coeur battre, j’ai vu son petit corps se développer, c’était bel et bien mon bébé, qu’importe l’avis des médecins. Et cette perte n’est pas moindre, et souvent les femmes se sentent mal comprises ou mal soutenues lors de ces fausses couches. C’est un sujet que nous n’évoquons pas assez, et je pense que ce n’est pas une bonne chose de banaliser l’arrêt d’une grossesse. Accepter et se remettre d’une fausse couche n’est ni banal ni facile.

Porter un bébé et donner la vie à son enfant est quelque chose de magnifique, un enfant nous apporte beaucoup de joie. Donner la vie est un vrai miracle. J’ai toujours de l’espoir pour les prochaines grossesses, je sais que mon petit garçon aura des petits frères ou des petites soeurs. J’envisage de nouveau une grossesse et d’avoir un enfant. Je sais que j’aurais des inquiétudes après ce que je viens de vivre, mais je garde espoir. Je sais que mon corps peut porter la vie, que je peux être de nouveau maman. Je ne sais pas quand, et je ne veux pas me mettre une quelconque pression, mais je sais que ce deuxième bébé il arrivera, et cela en temps voulu.

« Vivre la naissance d’un enfant est notre chance la plus accessible de saisir le sens du mot miracle. »

4 Replies to “Les malheurs de la grossesse…

  1. bonjour Justine, j’ai découvert ton blog hier et je tombe aujourd’hui sur ce message. Je te remercie pour le courage et la délicatesse de tes mots. Mais, surtout, je t’envoie toute ma tendresse pour vivre tout cela, avec le soutien de tes proches.
    Il y a trois ans, presque jour pour jour, je vivais la même expérience. Même si la grossesse était moins avancée, c’était la première et j’ai trouvé cela très très difficile. J’ai beaucoup culpabilisé. Il m’a fallu attendre, inconsciemment, la date théorique de ce qui aurait pu être sa naissance pour être de nouveau enceinte. J’ai aujourd’hui un magnifique petit bonhomme né en décembre 2015 et nous envisageons un petit frère ou une petite soeur, même si cela me fait un peu peur…
    Surtout, prends soin de toi, de vous, et garde la lumière. Je me permets de t’embrasser.

    1. Merci pour ton commentaire ! Oui, expérience difficile comme tu le dis. La date théorique de ce qui aurait dû être sa naissance est passé maintenant, et c’est vrai que c’était aussi une étape à passer.Je pense qu’on aura toujours de la tristesse en repensant à ce petit être, mais il n’y pas de raison que l’histoire se répète pour une nouvelle grossesse… On aimerait aussi un petit frère ou une petite soeur pour Chouchou, du coup on est un peu dans le même cas! Je te souhaite pleins de courage pour la suite, et un beau +, que cette nouvelle grossesse puisse être sereine…! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *